La famille monoparentale



Les sociétés sont constituées de groupes sociaux divers, qui rassemblent des individus ayant des caractéristiques communes comme la richesse, le pouvoir, la culture, etc.
La famille, qui est le plus élémentaire entre eux, est aussi un des plus importants car c\'est le premier groupe auquel appartient l'individu et c\'est en son sein qu\'il commence à vivre en société : la famille est donc le groupe de base de la société, en constante évolution.Le mot famille designe un groupe social offrant au moins trois caractéristiques :
1. Il a son origine dans le mariage.
2. Il comprend mari, femme, et enfants nés de leur union, bien que l\'on puisse concevoir la présence d\'autres parents agglutinés à ce noyau.
3. Les membres de la famille sont unis par des liens légaux ; par des droits et obligations de nature économique, religieuse ou autre ; par un réseau précis de droits et interdits sexuels, et un ensemble variable et diversifié de sentiments psychologiques tels que l\'amour, l\'affection, le respect, la crainte, etc. »
(Claude Lévi-Strauss, Textes de et sur Lévi-Strauss, coll. Idées, Gallimard, 1979.)
Une famille est un groupe parent(s)-enfant(s), unis par des liens multiples pour se soutenir moralement, matériellement et réciproquement au cours d\'une vie à travers les générations, favorisant ainsi leur développement social, physique et affectif.



Sociologiquement, une famille est un ensemble de personnes unies par des liens de parenté. La parenté représente une triple relation :
. relation de couple, souvent au sein d\'un mariage, ou entre un plus grand nombre de personnes dans les sociétés polygames ;
. filiation, entre les parents et les enfants ;
. relation entre germains (frères et sours).
Les relations de parenté sont essentiellement sociales : la plupart des sociétés interdisent les relations biologiques entre les parents, et les relations de filiation et de germanité ne sont pas forcément biologiques.
De ce point de vue, la famille est une institution, réglée par un ensemble de normes conditionnant les relations d\'alliance et de filiation. Ces règles sont variables d\'une société à l\'autre et avec les progrès en matière de génie génétique, non immuables.
Pour les statisticiens français, la famille est un ensemble d\'au moins deux personnes - soit un couple avec ou sans enfant(s), soit un parent seul vivant avec au moins un enfant.
Le terme famille est également utilisé de manière plus large selon les environnements culturels. Dans des pays d\'Afrique, notamment, la famille se compose aussi des membres originaires d\'un même village lorsque ceux-ci s\'en retrouvent éloignés. On parle alors de famille élargie, et les gens désignent leurs amis cousins voire frère. De même, des individus partageant des pratiques ou des idéologies peuvent parler de famille, alors qu\'aucun lien de sang ne les lie. Des entreprises ont également ce type de politique, de mettre les employés dans une atmosphère et des relations telles qu\'ils se sentent appartenir à la même famille que les autres employés et que leurs dirigeants. On utilise alors le terme de gestion du personnel paternaliste.
Dans la Rome antique, le terme de familia renvoyait à l\'ensemble de la famille au sens moderne, élargie au reste de la maisonnée, dont les esclaves.
De façon plus contemporaine, on peut définir la famille comme l\'articulation des liens d\'union, de parenté et de gémellité. Cette définition de la famille en tant que fonction permet de ne pas préétablir le contenu d\'une famille : aujourd\'hui une famille ne prend pas nécessairement son origine dans le mariage (union libre), elle peut réunir des gens de même sexe ou des recompositions de famille. La famille est à la fois un groupement et une institution sociale (au sens de ce qui fonde le lien et des représentations sociales preexistantes).
Une erreur à ne pas commettre est de confondre « ménage » et « famille ». En effet, un ménage n\'est pas toujours une famille, car selon l\'INSEE, il est constitué de l\'ensemble des personnes qui vivent dans le même foyer, même si elles n\'ont aucune relation de parenté. Il peut même s\'agir d\'une personne seule ( on parle alors de « personne isolée »). Dans un exemple chiffré, nous avons vu que seuls 70 % des ménages sont des familles, et que les 30 % restants sont composés soit d\'un homme seul, soit d\'une femme seule.
Pour former une famille (au sens étroit), il faut donc non seulement vivre ensemble mais aussi avoir des liens de parenté : on parle alors de « famille nucléaire » ou « groupe domestique »
Si les individus n\'ont que des liens de parenté, mais qu\'ils ne vivent pas ensemble, on parlera de « famille au sens large », appelée encore « parentèle ». Le terme de famille au sens étroit désigne au contraire un ensemble de personne vivant dans le même foyer et possédant des liens de parenté.
L\'INSEE définit la famille - au sens étroit - comme la partie d\'un ménage composée soit :
. d\'un couple, marié ou non, avec ou sans enfants, qui peuvent être nés d\'une précédente union (dans ce dernier cas, famille recomposée);
. d\'un parent seul avec au moins un enfant non marié ( c\'est une famille monoparentale).
La famille matrilinéaire est un système de filiation dans lequel chacun relève du lignage de sa mère. Cela signifie que la transmission, par héritage, de la propriété, des noms de famille et titres passe par le lignage féminin.
Toutefois, une gradation dans la transmission des noms ou des titres de propriété se remarque à mesure de l\'emprise de la filiation patriarcale. Dans la filiation matrilinéaire, cette transmission en arrive alors à passer de l\'oncle (le frère de la mère) au neveu (le fils de la sour).
La transmission de l\'héritage (notoriété, position sociale, biens et services) s\'est d\'abord effectuée de mère à fille. Par glissement, elle s\'est opérée ensuite de mère à fille et à fils, pour finalement se réaliser d\'oncle à neveu. Il est remarquable, dans ce contexte, que la filiation (fils) de père à fils est totalement occulté, en tant que substantif, la filliation (fille) de mère à fille, alors que la culture passe généralement par cette filliation.
La raison principale de la filliation est l\'ignorance de la vertu reproductive du coït : auparavant de la reconnaissance de cette vertu (très souvent aléatoire et fortement liée a priori au plaisir) les femmes étaient engrossées par un ancêtre (femelle), le vent, des dieux 1: les femmes étaient l\'intermédiaires par lequel passait la régénération de l\'espèce2.
L\'héritage d\'oncle à neveu implique une dépendance vis-à-vis de la femme, du frère envers sa sour, détentrice de ce pouvoir spécial de la régénération de la lignée ancestrale.
Les relations sociales régnant dans les sociétés matrilinéaires, avant leur cloisonnement par le patriarcat (les dieux dominant deviennent masculins dans ce cas) peuvent trouver une caractérisation dans le fait même de la position de la femme : étant la personne par laquelle passent les ancêtres (la mémoire de la société en question, son histoire, ses faits, ses gestes), elle trouve un respect qu\'elle a perdu plus tard de la part de son compagnon devenu patriarche. De plus, la vertu régénératrice du coït étant totalement ignoré, il y règne une très grande permissivité sexuelle avant le mariage.
Remarques sur les sociétés juives
La famille juive orthodoxe contemporaine constitue encore un modèle résiduel de la famille matrilinéaire parce que l\'appartenance au peuple juif (et implicitement à la religion) est assurée seulement si la mère est juive.
Dans ce cas, la matrilinéarité n\'a de relation avec la domination économique des hommes et le statut social des femmes que la seule transmission idéale de la religiosité.
Le patriarcat se rapporte à un système social qui voit l\'homme accéder au statut de pater familias, soit à celui de dépositaire de l\'autorité au sein de la famille, tant au sens large de clan familial qu\'au sens plus restreint de « chef de famille » dans la cellule familiale. La perpétuation de cette autorité au travers de la tradition patriarcale passe notamment par la transmission du patronyme et implique la subordination des femmes au membre masculin recueillant cette autorité qu\'est le père, le mari ou à défaut le frère. Impliquant la domination d\'un sexe sur l\'autre, il s\'agit d\'un système sexiste fondé sur la discrimination. Le patriarcat réduit l\'être de la femme à la seule maternité et ce qui l\'entoure.
Une famille nucléaire est une forme de structure familiale correspondant à un ménage regroupant les deux parents non célibataires et leurs enfants , à l\'opposé de la famille élargie qui peut compter plusieurs générations.
C\'est aussi un terme utilisé par Emmanuel Todd dans les essais où il caractérise les différents systèmes familiaux sur la planète. La famille nucléaire d\'Emmanuel Todd est définie par une relation parents-enfants libérale. Elle aboutit à la fondation d\'un nouveau foyer par les enfants dès lors qu\'ils deviennent parents et a pour résultat la non-cohabitation de plus de deux générations, c\'est à dire la famille nucléaire en tant que structure familiale. Emmanuel Todd distingue :
la famille nucléaire absolue
la famille nucléaire égalitaire
la famille anomique, forme déréglée de la famille nucléaire lorsqu\'elle ne rencontre pas d\'interdits endogamiques
La famille anomique est un système familial identifié par Emmanuel Todd dans son essai La Troisième Planète : Structures familiales et système idéologiques.
Ce système correspond à un système de famille nucléaire déréglé car sans contrainte exogamique forte, aboutissant à un système faiblement structuré, amorphe, obéissant à peu de normes.
Une famille élargie est un ensemble apparenté de plusieurs personnes vivant dans le même foyer. C\'est un modèle de famille qui a précédé la famille nucléaire.
L\'expression famille recomposée est apparue en sociologie à la fin du XXe siècle pour désigner des familles issues de parents ayant eu des enfants d\'une précédente union.
Dans ces familles, la difficulté principale est l\'acceptation du nouveau beau-parent par le ou les enfants du précédent mariage ou union. Et vice et versa.
En France, près de 2 millions d\'enfants vivent dans une famille recomposée. Plus d\'un million d\'entre eux ont des demi-frères ou des demi-sours.
Il y a 710 000 familles recomposées soit un cas sur dix. Et 88% des familles recomposées hébergent des enfants de plusieurs unions, elles sont 2x plus nombreuses à avoir 4 enfants
Dans les familles recomposées on trouve:
- des demi-frères ou demi-sours: enfant avec lequel on a un seul parent en commun.
- des belle-mères ou beau-pères
- des quasi-frères ou quasi-sours: enfant qui n\'a aucun lien de sang mais avec lequel on grandit.
L\'homoparentalité désigne le lien de droit ou de fait qui lie un enfant ou des enfants à un couple d\'homosexuels.
Forcément différente des nombreuses autres constructions familiales, l\'homoparentalité partage tout de même des points communs :
parentalité1, couple et procréation ne sont pas nécessairement synonymes ;
coexistence des parents sociaux, qui n'ont pas conçu l'enfant mais se conduisent comme des parents, et des parents biologiques ;
la vie sexuelle ne préjuge pas des compétences parentales.
L\'homoparentalité soulève de nombreuses questions, notamment dues au regard que porte la société : transparence sur les origines biologiques de l\'enfant, coexistence de parents naturels et de parents sociaux et la place de ces derniers ; mais la plupart ne sont pas pour autant spécifiques et traversent également d\'autres formes familiales telles que les familles adoptives, famille monoparentales, famille recomposées.
Une famille monoparentale est une famille constituée d\'un seul adulte et d\'au moins un enfant. L\'enfant a pu être conçu hors des liens du mariage, les parents ont pu divorcer, ou l\'un d\'eux décéder.
Entre 1990 et 1999, le nombre de familles monoparentales est passé de 1 397 000 à 1 640 0001, ce qui s\'explique principalement par l\'augmentation du nombre de divorces dans le même temps.
\"IL Y A au Royaume-Uni plus de familles monoparentales que dans tout autre pays d\'Europe, signale le Times de Londres. En Grande-Bretagne, près de une famille sur cinq comptant des enfants de moins de 18 ans est de type monoparental (...). La proportion est de une sur sept au Danemark, et de une sur huit en Allemagne et en France.\"
En Grande-Bretagne, 90 % des parents qui élèvent seuls leurs enfants sont des femmes. La famille traditionnelle, dite nucléaire (le père, la mère et les enfants), semble n\'être plus aujourd\'hui qu\'une formule parmi d\'autres. Mais pourquoi cette multiplication des foyers monoparentaux?
À ce phénomène deux causes principales: le divorce et la séparation. Sous ce rapport, la Grande-Bretagne emboîte le pas aux États-Unis, où environ la moitié des mariages se soldent par un divorce. De plus, ce que les gens attendent du mariage a changé. Il y a 20 ou 30 ans, \"les rôles de l\'homme et de la femme étaient beaucoup moins ambigus, explique Zelda West-Meads, conseillère matrimoniale. Le mari ramenait l\'argent, la femme s\'occupait du foyer\". Qu\'en est-il aujourd\'hui? \"Peut-être le mariage est-il plus exaltant et plus amusant, mais il peut aussi être plus difficile. Les femmes attendent plus du mariage que leurs mères et leurs grands-mères. Elles veulent l\'égalité des sexes, un conjoint plein d\'amour qui soit un véritable ami, des possibilités de carrière - tout cela et des enfants.\"
Le vagabondage sexuel tant vanté par le monde des divertissements engendre le mépris pour la famille traditionnelle. Les jeunes qui ont très tôt des relations sexuelles n\'ont souvent pas conscience des risques auxquels leur comportement les expose. À leurs yeux, le mariage est une source d\'ennuis, un carcan, une complication inutile.
Certains élèvent seuls leurs enfants par choix, d\'autres par la force des choses. Chez les seconds, beaucoup souffrent de leur situation. C\'est le cas de ces gens autrefois heureux en ménage que la mort a privés de leur conjoint.
Pour d\'autres, la vie conjugale était un cauchemar. Ceux-là éprouvent du soulagement, et beaucoup disent nouer des liens étroits avec leurs enfants.
L\'augmentation du nombre des foyers monoparentaux répond à une multiplicité de causes. Reste qu\'élever seul ses enfants signifie des responsabilités et des difficultés quotidiennes bien particulières. Quelle en est la nature, et comment les assumer ou les surmonter?

Mesures destinées à combattre l\'appauvrissement
Soutenir les femmes en situation monoparentale dans leur retour ou leur accès à l\'emploi. Cette mesure nécessite, en l\'état actuel de la participation des femmes au marché du travail, de mettre en place les formations spécifiques qui aident à la réinsertion de personnes souvent démunies de connaissances et de savoir-faire professionnels et de surcroît très déstabilisées et incertaines quant à leurs capacités.
Constituer des ressources pour l\'enfant indépendantes de celles des parents. Au-delà de l\'instauration de mesures qui visent à garantir le revenu de la famille monoparentale, il apparaît aujourd\'hui souhaitable de réfléchir à l\'instauration de systèmes d\'assurance qui couvrent, pour les enfants, le risque de se retrouver dans le dénuement en raison des avatars de la vie conjugale de leurs parents. De tels dispositifs supposeraient que tous les parents contribuent à un fonds commun qui pourrait être mobilisé en faveur des enfants de familles dissociées.
Mesures pratiques concernant la vie quotidienne
Aider au logement de la famille monoparentale. Prévoir des habitations bon marché ou des allocations de logement spécifiques pour ce type de familles afin qu\'elles puissent réduire la part du budget affecté à cette dépense et, si elles le souhaitent, garder leur logement en maintenant leur insertion dans leur voisinage. Développer les structures d\'accueil collectives permettant un hébergement à plus ou moins long terme, avec des possibilités d\'aide ou de service sur place.
Autres mesures
Favoriser l\'insertion sociale des familles à un seul parent et la gestion des problèmes relationnels qui se posent à elles.
Lutter contre la stigmatisation qui s\'attache encore aux parents seuls, en développant une communication positive à leur sujet.
Faciliter, si nécessaire, l\'accès aux aides individuelles offertes par les professionnels du droit et de la relation.

Reference:


La Troisième Planète : Structures familiales et système idéologiques - Emmanuel Todd, Le Seuil 1983
Famille moderne...et modèleIna Archives Télés
Récupérée de « http://fr.wikipedia.org/wiki/Famille »
Fougeyrollas P., Cloutier R., Bergeron H., Côté J., St Michel G., Classification québécoise Processus de production du handicap, Québec, Réseau international sur le Processus de production du handicap, 1998, P.118
John Stuart Mill, De l\'assujettissement des femmes
Lévi-Strauss, Claude, Les Structures élémentaires de la parenté, Paris-LA Haye, Mouton, 1949
Site et forum regroupant des informations sur et pour les familles recomposées (www.famillerecomposee.fr)
Deliège, Robert, Anthropologie de la parenté, Paris, Armand Colin, 1967
Source :http/www.fr. INSEE